H O D O D
Historique de Hodod
1. Histoire de la Transylvanie
o Ier siècle av. J.-C. - La Grèce établit l'État Dace.
o 106 apr. J.-C. - Trajan conquiert la Dacie, qui couvre l'actuel territoire de la Roumanie, qui devient une province romaine.
o 271 - Les légions romaines se retirent au sud du Danube. Les paysans valaques romanisés constituent le premier peuple roumain.
o Xe siècle - De petits états roumains se constituent, qui formeront les principautés de Transylvanie, puis de Valachie et de Moldavie.
o XIe siècle - Les Hongrois conquièrent la Transylvanie.
o 1526 - Les Ottomans remportent la bataille de Mohács face aux Hongrois. La Transylvanie devint alors principauté autonome, vassale de Turquie. A sa tête, un prince est élu par la Diète et confirmé par le Sultan.
o 1691 - La Transylvanie est annexée à l'Autriche-Hongrie par les Habsbourg suite au traité de Carlowitz.
o 1829-1856 - La Moldavie et la Valachie sont soumises à un double protectorat ottoman et russe, tandis que la Transylvanie, asservie par l'Autriche-Hongrie, subit une "magyarisation" forcée.
o 1866 - Le nouvel État prend le nom de Roumanie et, en 1881, Charles Ier devient roi de Roumanie.
o 1916 - Sous son successeur Ferdinand Ier, la Roumanie s'engage dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Alliés. L'Allemagne occupe le pays.
o Le 1er décembre 1918, l'assemblée roumaine, réunie à Alba Iulia à l'appel des patriotes roumains de Transylvanie, vote l'union à la Roumanie de cette province. La Transylvanie est donc rattachée à la Roumanie.
o 1940 - La Hongrie récupère le nord de la Transylvanie. La perte de ces territoires entraîne un vaste mouvement de protestation populaire en Roumanie. Le maréchal Ion Antonescu, chargé par le roi de rétablir l'ordre, force ce dernier à abdiquer en faveur de son fils Mihai Antonescu, et impose une dictature fasciste. Le 30 août, Hitler, par le "Diktat de Vienne", oblige la Roumanie à céder le nord de la Transylvanie aux Hongrois.
o 1941 - La Roumanie entre en guerre contre l'URSS aux côtés de l'Allemagne nazie.
o Le 24 août 1944, la Roumanie rejoint les forces Alliées : ses 265 000 soldats vont alors participer à la libération de la Hongrie, reprenant la Transylvanie.
o 1947 - Abdication du roi Mihai et proclamation d'une république populaire. De type soviétique, le régime fait régner la terreur. Intellectuels et dissidents sont emprisonnés dans des camps de travail.
o 1965-1968 - Nicolae Ceausescu devient secrétaire général du Parti Communiste Roumain (1965), puis président du Conseil d'État (1967).
o 1974 - Ceausescu, disposant d'un pouvoir absolu, installe une dictature et met en place le régime communiste le plus sévère des pays de l'Est.
o 1985 - Son "programme de systématisation du territoire" (destruction de milliers de villages) s'accompagne de projets mégalomaniaques qui sont autant d'échecs.
o 1987-1989 - Après les émeutes ouvrières de Brasov (1987), l'insurrection, partie de l'église de Timisoara, éclate le 17 décembre 1989. Le régime est renversé, Ceausescu et son épouse sont arrêtés et exécutés le jour de Noël.
o 1990 - Le Front de salut national, néocommuniste, dirigé par Ion Iliescu, remporte les premières élections libres. Iliescu est élu président de la République.
Avec le retour à la démocratie, le pays est à nouveau confronté au problème historique de la minorité hongroise de Transylvanie. Après cinq ans de négociations, un traité entre la Hongrie et la Roumanie est signé à Timisoara garantissant des droits tels que l'enseignement en langue hongroise et plusieurs représentants Hongrois font leur entrée dans le gouvernement de novembre 1996.
o 2002 - En septembre, l'Otan invite la Roumanie à rejoindre l'organisation. En décembre, le sommet européen de Copenhague confirme la date objectif de 2007 pour l'adhésion de la Roumanie à l'Europe.
Ainsi, on comprend bien que la région transylvaine ait une particularité propre liée a son histoire chaotique. On peut comparer cette situation à celle de l'Alsace-Lorraine qui a longtemps navigué entre la France et l'Allemagne.
2. Histoire de HODOD
o Les premiers documents qui attestent de l'existence de Hodod datent d'après 1200. Hodod ainsi que d'autres villages dont ceux de Kusaly, Erked et Kirva appartiennent à la famille Jakcsi. A la mort de l'époux, les héritiers se partagent les terres, et le village de Kusaly est détruit.
o En 1334, Hodod devient un bourg militaire dont la construction se termine en 1395. Sa géographie qui présente des collines et beaucoup de forêts en font un endroit propice à la guerre. A cette époque, 26 villages lui appartiennent.
A cette période, Hodod prend de l'importance. Il est un centre pour la religion, pour l'armée et pour les papiers officiels (Hodod est le seul village à avoir un sceau). Certains écrits montrent que Johanes de Hodod a payé des taxes en or au Pape : 10 lingots, alors que les autres villages payaient environ 1 ou 2 lingots. A cette époque, la taxe était de 1/10 de l'or possédé par le village. C'est alors qu'en 1353, Hodod devient un oppidum (petite ville) grâce à un acte émis par Louis le Grand. Ainsi, Hodod peut mettre en place un marché aux animaux (seulement autorisé dans les villes), qui a lieu dans la grande prairie entre Hodod et Lelei. Hodod possède alors une grande porte et à chaque fois qu'elle est ouverte pour laisser passer un visiteur, celui ci doit verser une taxe au baron. De nombreux procès verbaux des époques 1300-1380 et vers 1700 sont conservés à Cluj-Napoca dans le « catholisme register » en latin. Ils font le plus souvent état de barons Hongrois qui accusent des Roumains. Il existe une traduction de ce registre en hongrois dont le titre est « kolozsmonostori jegyzokönyvek ».

o La construction de l'église protestante d'Hodod commence en 1423. Ses plans sont dessinés par un architecte Italien. Elle est dédiée à Saint László, c'est à dire Saint Ladislas.
o A partir de 1711, le village est occupé par des soldats autrichiens. Mais une épidémie de peste se déclare en 1733 et les fait fuir. Avant leur départ, ils font exploser le bourg militaire dont il ne restera plus que des ruines. De cette époque, la tombe d'une femme « Thury Sára », morte pendant l'épidémie de peste, a été retrouvée dans la crypte de l'église lors de fouilles en 1994. Un calice datant de 1654 en or et argent a aussi été découvert.
Lors de l'épidémie de peste, les habitants ont pris l'habitude d'enterrer leurs morts dans des fosses de 3 à 4 mètres de profondeur en les recouvrant de chaux. Depuis, à Nadis, la tradition de creuser des fosses profondes est restée.
o En 1742, le pays est ravagé par une deuxième épidémie de peste. Les morts sont très nombreux;
Hodod : 174 morts, Acás : 284 morts, Jibou : 802 morts, Corund : tous, Vérvolgy : tous, Mocsolya : tous, Nadis : reste 40 familles épargnées.
Par la suite, des Roumains viennent habiter à Corund, alors qu'à Vérvolgy et Mocsolya, ce sont des Hongrois qui s'installent.
Pour remercier Dieu de les avoir épargnés, les habitants de Nadis érigent une nouvelle église protestante en 1753.
o En 1754, c'est l'église de Hodod qui est réparée (toiture).
o En 1755, construction d'une nouvelle église à Bogdand.
o En 1760, construction d'une nouvelle église à Lelei.
o En 1755, construction d'une nouvelle église à Szer.
o En 1755, construction d'une église en bois à Giurtelec pour la religion gréco-catholique.
o En 1774, c'est le début de la construction du château Wesselényi, l'actuelle mairie, puis en 1785, du château Degenfeld, l'actuelle école.
o En 1757, 30 familles luthériennes allemandes viennent s'installer à Hodod ainsi que leur pasteur. Tous sont artisans. Le baron souhaite que ces personnes s'installent définitivement pour apprendre leur savoir-faire à la population. Ainsi une église luthérienne est construite. De même, le baron achète les matériaux pour leur construire une école.
Le baron Degenfeld possédait 99 châteaux depuis Szeged, au sud-est de la Hongrie, jusqu'à Targu Mures ainsi qu'une surface importante de terres et de forêts. A Hodod, la moitié de la superficie du village lui appartenait.
o Dès 1907 et la révolution de Russie, de nouvelles idées communistes font leur apparition.
o En 1941, Wesselényi Maria se marie avec Banffy Iosef. Ils reçoivent l'actuelle mairie de Hodod en cadeau de mariage ainsi que 159 ha de terres et le moulin.

A cette époque, les églises possèdent quelques terres : l'église protestante 46 ha, l'église luthérienne 46 ha, lL'église orthodoxe 5 ha (nouvelle église)
o En 1945 a lieu une réforme agraire. Les terres des barons sont rassemblées pour être redistribuées aux pauvres par parcelles de 60 acres ou de 1 hectare. Ainsi apparaît une nouvelle carte avec les propriétés. Le moulin était alors le dernier bâtiment du village en direction de Supurus de Jos.
o En 1946, les idées communistes font irruption, on vante les avantages de ce nouveau système en donnant l'exemple de la Russie.
o En 1947, des tracteurs avec des roues en métal sont envoyés de Russie en Roumanie. Les terres des petits propriétaires, les plus pauvres, sont rassemblées ; on leur offre des tracteurs et du matériel comme par exemple une moissonneuse à vapeur tractée par des chevaux. Cette forme d'organisation s'appelle un Toz, semblable à celle que l'on trouvait en Russie avec un président, un comptable. Elle rassemble d'abord les 30-40 familles les plus pauvres de Hodod.
o Des ordres sont donnés à toute la population sous forme de fournitures à livrer pour le Toz : bois, essence…les gens qui ne peuvent pas les fournir font des cadeaux : chevaux, charrues…pour le travail collectif.
En août de cette même année, une grande fête nationale a été organisée lors à l'occasion des labours . Les tracteurs ont étés parés de nouvelles couleurs, un groupe de Tziganes était invité à faire de la musique, du matériel neuf a été présenté en procession. De grands discours sont prononcés pour prôner les avantages du communisme et des chants patriotiques enseignés.L'année suivante, beaucoup de personnes rejoignent le Toz.
o De même en 1947, de nombreux riches propriétaires sont envoyés en prison ou vers la Mer Noire dans la région de Baraganu : on leur demande de préparer une valise et on les laisse au milieu de terres où il n'y a rien. La plupart meurent, une petite partie survit grâce à l'aide des habitants des villages alentours qui viennent apporter de la nourriture la nuit. Un autre groupe de jeunes qui fait de la politique est envoyé dans le delta du Danube, sur une île. La plupart meurent de la malaria.
o En 1948, toutes les écoles des différentes églises sont rassemblées et les bâtiments rejoignent l'inventaire d'Etat, l'école devient école d'Etat. Le communisme se fait de plus en plus dur. Le roi roumain Mihai s'enfuit en Suisse (où il vit encore actuellement). Les barons s'enfuient eux aussi, ceux qui ne veulent pas partir sont envoyés au travail dans des mines de mercure, où ils meurent. Hodod est toujours un centre pour la collectivisation. .
o En 1949, c'est la mise en place du premier kolkhoz à Hodod. Les personnes qui ne veulent pas participer sont réunies dans la salle communale et on distribue des papiers à signer où est inscrit « je souhaite rejoindre le kolkhoz de mon plein gré». Les habitants qui n'ont pas signé doivent revenir le lendemain. S'ils n'obéissent pas, la police vient les chercher chez eux. Le soir suivant, les personnes présentes doivent signer pour sortir de la pièce (toilettes…). Il reste encore de nombreuses personnes qui refusent de signer, en majorité les grands propriétaires. Ainsi, le grand-père de l'ancien maire KULCSAR Csaba est envoyé en prison à Zalau. Il est enchaîné à même le béton, est affamé et on lui lance des seaux d'eau pour le faire signer. Il meurt de pneumonie après 27 jours. Pendant 7 ans, sa femme va toutes les semaines à Zalau pour réclamer son mari. Puis, le gardien de la prison est remplacé et le nouveau gardien laisse la femme ramener la dépouille de son mari. A Hodod, le prêtre fait un enterrement officiel.
o Après 1950, le travail au kolkhoz est très dur. Hodod est toujours un centre car il possède deux châteaux.

o En 1960, la route Supurus de Jos - Cehu Silvaniei est pavée.
o Après 1962, la Roumanie tout entière est couverte de kolkhoz.
o En 1965, les premiers câbles électriques sont installés dans quelques villages.
o Entre 1965 et 1970, le premier dispensaire est construit à la place de l'ancienne synagogue.
o En 1991, à Hodod, cinq hectares sont restitués à chaque église et dix hectares à chaque baron. Le reste des terres est partagé entre la population. On a demandé aux gens de déclarer quelle était leur propriété avant la collectivisation. Le résultat équivaut au double de la surface réelle du village. Il demeure encore aujourd'hui des litiges.
o 12 avril 2003 - Les Hongrois disent oui à l'Europe. La population hongroise de Roumanie arbore des pin's avec le IGEN (oui en hongrois) inscrit sur le drapeau européen.
La commune de Hodod est le reflet de la problématique transylvaine. Elle est composée de 4 villages, dont 3 sont peuplés majoritairement par des Hongrois et un par des Roumains. L'histoire de ce territoire explique pourquoi il est peuplé de minorités qui sont chacune fortement attachées à leur territoire.
De plus, Hodod connaît une transition difficile entre le communisme et l'économie de marché. La période communiste est encore très présente dans l'esprit de la population qui est majoritairement nostalgique de ce régime. A cette période, la population avait un travail et gagnait de l'argent. Aujourd'hui, de nombreux produits de consommation sont en vente dans les magasins alors qu'ils étaient introuvables, mais le taux de chômage est important et les revenus insuffisants. La démocratisation de la société locale s'est déroulée rapidement et les habitants ne se sont pas tous habitués au nouveau rythme. Les changements apportés devront être progressifs.