R O U M A N I E - Histoire

Les recherches effectuées par les archéologues roumains à Bugiulesti, dans le département de Vilcea, ont dévoilé des traces de la présence humaine datant du paléolithique inférieur (environ deux millions d'années avant J.-C). Ces traces comptent parmi les plus anciennes d'Europe. C'est seulement à partir du néolithique (6-5.000 ans avant J.-C.) que l'on peut parler d'une population relativement stable. A cette époque une culture remarquable à été créée, sur le territoire actuel de la Roumanie, illustrée par la céramique polychrome de Cucuteni.


Heaume d'or porté
par les rois daces


Vestiges à Histria

Au cours de la première moitié du Ier millénaire avant J.-C., les tribus géto-daces s'individualisent dans la zone carpato-danubienne-pontique. Tout ceci est rappelé pour la première fois dans l'œuvre historique écrite par Hérodote, le père de l'histoire (IV-ème siècle avant J.-C.).

Burebista (82-vers 44 avant J.-C.), contemporain de César, réussit à unir pour la première fois les tribus géto-daces et jette les bases d'un royaume puissant.

Au Ier siècle avant J.-C., parallèlement à l'expansion de l'Empire Romain, le Danube est devenu la frontière entre l'Empire Romain et le monde dace, sur une distance de 1500 km.

Pendant le règne du roi Décébale, la Dacie connaît un très grand essor. Suite à une première confrontation avec l'Empire Romain, pendant le règne de Domitien (87-89), deux autres guerres (101-102 et 105-106) ont été nécessaires pour que l'Empire Romain (à cette époque à l'apogée de son pouvoir) puisse vaincre Décébale et transformer la plus grande partie du royaume dace en province romaine. La Colonne Trajane, élevée à Rome, et le monument triomphal d'Adamclisi (en Dobroudja) évoquent cet effort militaire, suivi par une colonisation massive et systématique des territoires conquis. Bien qu'ils eussent subi des pertes importantes, les Daces sont restés après l'instauration de la nouvelle administration l'élément ethnique prépondérant. Ils ont été soumis au processus complexe de romanisation, avec son attribut essentiel - l'acceptation graduelle, mais définitive, de la langue latine.

Après le retrait de l'armée et de l'administration romaines de la Dacie, au sud du Danube, sur l'ordre de l'empereur Aurélien (270-275), les autochtones Daco-Romains sont restés, pendant quelques siècles, dans la sphère d'influence politique, économique, religieuse et culturelle de l'Empire Romain et, après sa scission, sous celle de l'Empire Byzantin. Ils ont survécu aux successives invasions des peuples migrateurs.

Simultanément à l'achèvement de la symbiose ethno-culturelle daco-romaine, accomplie aux VIe-VIIe siècles par la formation du peuple roumain, les Daco-Romains ont adopté le christianisme latin aux Ier-IVe siècles. Ainsi s'explique le fait que, aux VIe-VIIe siècles, quand le processus de formation du peuple roumain fut achevé, celui-ci apparaît sur la scène de l'histoire comme un peuple chrétien. C'est pourquoi, à l'encontre des peuples voisins, qui ont des dates de baptême définies (les Bulgares - 865, les Serbes - 874, les Polonais - 966, les Slaves de l'Est - 988, les Hongrois - l'année 1000), les Roumains n'ont pas de date de baptême, étant chrétiens de naissance.

Aux IVe-XIIIe siècles, le peuple roumain a résisté devant les invasions des peuples migrateurs - les Goths, les Huns, les Gépides, les Avars, les Slaves, les Pétchénègues, les Coumans, les Tatars - qui ont traversé le territoire roumain.

Les Slaves, établis en grand nombre au sud du Danube depuis le VII-e siècle, ont déterminé la dislocation de la masse compacte des Roumains du territoire carpato-balkanique, isolant ceux qui habitaient au nord du Danube (les Daco-Roumains) de ceux qui habitaient au sud, déplacés vers l'ouest et le sud-est de la Péninsule Balkanique (les Roumains de Macédoine, les Mégléno-Roumains et les Istro-Roumains). Progressivement, les Slaves établis au nord du Danube ont été assimilés par le peuple roumain. L'appartenance à la religion orthodoxe a déterminé les Roumains à adopter le vieux slave (ecclésiastique) comme langue de culte et, depuis les XIVe-XVIe siècles comme langue de chancellerie et de culture. Le slavon - qui n'a jamais été une langue vivante parlée par le peuple sur le territoire roumain - a eu pour les Roumains à une certaine époque du Moyen Âge, le même rôle que le latin pour l'Occident. À l'aube de l'époque moderne, le roumain l'a définitivement remplacé dans le culte, dans la chancellerie et dans la culture.

À partir du Xe siècle, les sources byzantines, slaves et hongroises, plus tard occidentales, signalent l'existence de quelques formations d'Etat de la population roumaine - des principautés et des voïvodats - initialement en Transylvanie et Dobroudja, ensuite, aux XIIe-XIIIe siècles dans les régions de l'est et du sud des Carpates.

Aux Xe-XIIIe siècles, malgré la résistance opposée par les principautés et les voïvodats roumains, les Hongrois réussissent à occuper la Transylvanie et à l'englober au royaume hongrois (jusqu'au début du XVIe siècle, sous la forme d'un voïvodat autonome). Aux XIIe-XIIIe siècles, pour consolider son pouvoir en Transylvanie, où les Roumains ont toujours été, le long des siècles, l'élément ethnique puissamment majoritaire et pour défendre les frontières au sud et à l'est du voïvodat la couronne hongroise a fait coloniser par des groupes de Szekler et d'Allemands (Saxons) des régions de frontière.

Au XIVe siècle, pendant une période de recul des pouvoirs impériaux voisins, deux Etats féodaux indépendants se constituent au sud et à l'est des Carpates: la Valachie - pendant le règne de Basarab Ier (1310) et la Moldavie, pendant le règne de Bogdan Ier (1359). Aux XIVe-XVe siècles, les royaumes hongrois et polonais vont s'essayer, mais sans succès, à annexer les deux principautés.

Au cours de la seconde moitié du XIVe siècle, un nouveau danger apparaît pour les pays roumains: l'Empire ottoman. Seuls ou alliés aux pays chrétiens voisins, le plus souvent aux voïvodes des deux autres principautés, les voïvodes de la Valachie, Mircea l'Ancien (1386-1418) et Vlad Tepes (l'Empaleur 1456-1462), Etienne le Grand (1457-1504), prince de la Moldavie ou le voïvode de la Transylvanie, Iancu de Hunedoara (1441-1456) ont mené des luttes acharnées de défense contre les Turcs freinant leur entrée en Europe. Mais la transformation de toute la Péninsule Balkanique en territoire turc a obligé la Valachie et la Moldavie (ensuite la Transylvanie) à reconnaître, pour plus de trois siècles, la suzeraineté de l'Empire ottoman. Après la conquête de Buda et la transformation de la Hongrie en pachalik, la Transylvanie devient, elle aussi, principauté (1541), tout en reconnaissant la suzeraineté de l'Empire ottoman, comme les deux autres principautés roumaines.

La fin du XVIe siècle est dominée par la personnalité de Michel le Brave, qui réussit, après des luttes acharnées (Calugareni, Giurgiu), à reconquérir l'indépendance de la Valachie. Pendant les années 1599-1600 il réunit pour la première fois dans l'histoire tous les territoires habités par les Roumains, en se proclamant prince de la Valachie, de la Transylvanie et de la Moldavie. Bien qu'il ait été assassiné peu de temps après, l'acte de l'union réalisé par ce brave prince aura une valeur de symbole dans la conscience des générations futures.


Michel le Brave (1593-1601)

La fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècles ont apporté des modifications radicales sur l'échiquier politique centre- et est-européen. Après l'échec subi par l'Empire ottoman au siège de Vienne (1683), l'Empire des Habsbourg commence son expansion vers le sud-est de l'Europe et annexe la Transylvanie (1699). Le rêve ambitieux des tsars russes de posséder les détroits des Dardanelles, du Bosphore et Constantinople place les Principautés Roumaines au-devant de l'expansionnisme russe.

Situées aux frontières des trois grands empires et désirées par chacun de ceux-ci, la Valachie, la Moldavie et la Transylvanie sont devenues, pour plus de 150 ans, non seulement un objet de dispute, mais un champ de bataille aussi, où les armées de ces empires se sont affrontées.

Pendant les nombreuses guerres menées par la Russie et l'Autriche contre l'Empire ottoman (1710-1711, 1716-1718, 1735-1739, 1768-1774, 1787-1792, 1806-1812, 1828-1829, 1853-1856), les confrontations qui ont eu lieu sur le territoire roumain, doublées toujours par une occupation militaire étrangère, prolongée souvent même après les guerres proprement-dites, ont produit non seulement des ravages et des destructions ou déplacements de population, mais aussi de douloureuses amputations territoriales des provinces roumaines. Ainsi, l'Autriche a annexé temporairement l'Olténie (1718-1739) et la partie de nord de la Moldavie nommée la Bucovine (1775-1918). A la suite de la guerre russo-turque de 1806-1812, la Russie annexe l'est de la principauté de Moldavie, le territoire qui se trouve entre les rivières Prut et Dniestr: la Bessarabie (1812-1918).

Au XVIIIe et au début du XIXe siècles, il y a eu d'importantes mutations économiques et sociales. L'idée nationale, comme partout en Europe, commence à se glisser dans les rêves des intellectuels et constitue la base des projets d'avenir des politiciens roumains. L'union d'une partie du clergé orthodoxe de Transylvanie avec l'église catholique (gréco-catholique), réalisée pendant les années 1699-1701, a joué un rôle important dans le processus d'émancipation des Roumains de Transylvanie. Leur lutte pour l'égalité des droits avec les autres nationalités (quoiqu'ils représentassent plus de 60% de la population de la principauté, ils étaient considérés tolérés dans leur propre pays) a été amorcée par l'Archevêque Inochentie Micu-Klein et continuée par les intellectuels dans le cadre de l'Ecole transylvaine.

En Valachie, les espoirs de renouvellement trouvent leur expression dans la révolution conduite par Tudor Vladimirescu (1821). Bien que les armées ottomanes et tsaristes aient réprimé le mouvement, le résultat a été l'abolition du régime phanariote et la nomination de princes autochtones en Moldavie et Valachie.

L'année 1848 attire dans son effervescence révolutionnaire aussi les Principautés roumaines, portant au premier plan de la vie politique une pléiade d'intellectuels remarquables, tels que Ion Heliade-Radulescu, Nicolae Balcescu, Mihail Kogalniceanu, Simion Barnutiu, Avram Iancu et d'autres. Si en Moldavie les troubles sont rapidement éteints, en Valachie les révolutionnaires exercent effectivement le pouvoir pendant les mois de juin - septembre 1848. En Transylvanie, la révolution se prolonge jusqu'en 1849; l'incapacité des dirigeants hongrois de comprendre la justesse des revendications des Roumains et leur décision d'annexer la Transylvanie à la Hongrie a eu comme résultat la scission des forces révolutionnaires des Roumains et des Hongrois. Le gouvernement hongrois a essayé de liquider la lutte des Roumains, mais il a rencontré la résistance armée acharnée dans les Montagnes Apuseni, conduite par Avram Iancu. Quoique l'intervention brutale des armées ottomanes, tsaristes et austro-hongroises eût triomphé pendant les années 1848-1849, la nouveauté des idées démocratiques a gagné partout du terrain dans la décennie suivante.

Au Congrès de paix de Paris (février - mars 1856), après la guerre de Crimée (1853-1856), le statut des principautés danubiennes (la Valachie et la Moldavie) a acquis les dimensions d'un problème européen. Tout en demeurant sous la suzeraineté ottomane, la Valachie et la Moldavie se trouvaient sous la garantie des sept pouvoirs signataires du Traité de Paris. Les sept pouvoirs protecteurs ont approuvé dans une mesure réduite les revendications des Roumains. Les 5-17 janvier 1859, en Moldavie et 24 janvier - 5 février 1859, en Valachie, les Roumains ont élu Alexandru Ioan Cuza comme prince régnant unique, réalisant ainsi l'union des deux principautés. Le 24 janvier - 5 février 1862, l'Etat national roumain a adopté le nom de Roumanie et a établi la capitale à Bucarest. Secondé par Mihail Kogalniceanu, son plus proche conseiller et collaborateur, Alexandu Ioan Cuza a mis en œuvre un programme de réformes qui avait le mérite de continuer la modernisation des structures de l'Etat roumain.

Le 10 mai 1866, après l'abdication d'Alexandru Ioan Cuza, à la suite d'un plébiscite, Carol (Charles) de Hohenzollern-Sigmaringen a été proclamé le prince régnant de la Roumanie. La nouvelle Constitution, promulguée en 1866 (en vigueur jusqu'en 1923) a proclamé la Roumanie monarchie constitutionnelle (1881).

Le 9-21 mai 1877, dans une conjoncture internationale favorable, la Roumanie a proclamé son indépendance d'Etat. Mihail Kogalniceanu était ministre des Affaires étrangères. A la demande d'aide formulée par les Russes, le gouvernement conduit par Ion C. Bratianu a décidé d'unir les forces roumaines à celles russes qui opéraient sur le front de Bulgarie. Le Congrès International de paix de Berlin (juin-juillet 1878) confirme l'indépendance de la Roumanie et rétablit ses droits sur la Dobroudja, province qui a été pendant une très longue période sous la domination ottomane.

En Transylvanie, la signature de l'accord qui jetait les bases de la reconstitution de l'État hongrois après plus de trois siècles depuis son collapsus et de la formation de l'Empire d'Autriche-Hongrie (1867) a eu de graves conséquences pour les Roumains de ce pays. La Transylvanie a perdu l'autonomie qu'elle avait eu pendant la domination autrichienne et a été incorporée à la Hongrie. La législation de Budapest, qui proclamait l'existence d'une seule nation - celle hongroise - visait la destruction des autres nationalités par leur magyarisation forcée. Pendant cette période, le Parti National Roumain de Transylvanie a joué un rôle important dans l'affirmation de l'identité nationale des Roumains. Il est devenu le porte-parole de la lutte pour la reconnaissance de l'égalité des droits de la nationalité roumaine et de la résistance opposée aux projets de dénationalisation. En 1892, la lutte nationale des Roumains a connu un moment très important: le Mémorandum, qui a attiré l'attention de l'empereur Franz Joseph Ier et de l'opinion publique européenne sur les revendications des Roumains et sur l'intolérance du gouvernement de Budapest en ce qui concernait le problème national.

Les années 1878-1914 on représenté pour la Roumanie une période de stabilité et de progrès. La vie politique s'est concentrée autour des deux grands partis - le Parti conservateur (Lascar Catargiu, P.P. Carp, Gh. Grigore Cantacuzino, Titu Maiorescu ) et le Parti libéral (Ion C. Bratianu, Dimitrie A. Sturdza, Ion I.C. Bratianu, etc). L'alternance de ces partis au gouvernement du pays représente le trait caractéristique du système de gouvernement de l'époque. La politique expansionniste de la Russie a déterminé la Roumanie à signer, en 1883, un traité secret d'alliance avec l'Autriche-Hongrie, l'Allemagne et l'Italie, renouvelé périodiquement jusqu'à la première conflagration mondiale.

Au mois d'août 1914, au début de la première conflagration mondiale, la Roumanie a proclamé sa neutralité. Deux années plus tard, elle s'est alliée à l'Entente, qui promettait d'aider à la réalisation de l'unité nationale. Le gouvernement conduit par Ion I.C.Bratianu a déclaré la guerre à l'Autriche-Hongrie. Après les succès initiaux, l'armée roumaine a été obligée à se retirer en Moldavie. Pendant l´été de l'année 1917, dans les grandes batailles de Marasesti et Oituz, les Roumains ont anéanti la tentative des Puissances Centrales d'éliminer la Roumanie de la guerre par l'occupation du reste de son territoire. Le triomphe du droit des peuples à l'autodétermination qui s'est imposé vers la fin de la première guerre mondiale a été au service de la cause des Roumains des Empires Tsariste et Austro-Hongrois. La chute du tsarisme permet aux Roumains de Bessarabie d'exprimer leur volonté de s'unir avec la Roumanie (le 27 mars - 9 avril). L'effondrement de la monarchie austro-hongroise à l'automne de 1918 a créé des conditions favorables à l'émancipation des nations persécutées de l'Empire Austro-Hongrois.


La Cathédrale de l'Union
à Alba Iulia

Le 15-28 novembre 1918, le Conseil National de la Bucovine vote l'union de cette principauté avec la Roumanie. Le 18 novembre - 1-er décembre 1918, l'Assemblée Nationale d'Alba Iulia, en Transylvanie vote en présence de plus de 100.000 Roumains l'union de la Transylvanie et du Banat avec la Roumanie.

Le traités internationaux de paix des années 1919-1920 qui fixaient le statut des nouvelles réalités européennes ont sanctionné l'union de toutes les provinces habitées par les Roumains en un seul Etat (295.042 km2, avec une population de 15,5 millions d'habitants).

L'introduction du vote universel, l'application d'une réforme agraire, l'adoption d'une nouvelle constitution, l'une des plus démocratiques d'Europe ont créé un cadre général démocratique et ont permis un développement économique rapide. (Pendant les années 1923-1938, la production industrielle de la Roumanie a doublé). Avec les 7,2 mil.t. de pétrole extraits en 1937, la Roumanie était le deuxième producteur européen et le septième mondial.

Les objectifs de la politique extérieure de l'entre-deux-guerres, où Nicolae Titulescu jouait un rôle primordial, visaient à maintenir le statu quo territorial par la création des alliances régionales, à appuyer la Société des Nations, la politique de sécurité collective et le développement d'une collaboration étroite avec les pays démocratiques de l'Occident - la France et la Grande-Bretagne. En 1920-1921, avec la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, la Roumanie a jeté les bases de la Petite Entente et a conclu, en 1934, une nouvelle organisation de sécurité régionale - l'Entente Balkanique - avec la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie.

Quand la seconde guerre mondiale a éclaté, la Roumanie a proclamé sa neutralité (le 6 septembre 1939), mais les défaites subies par la France et la Grande-Bretagne en 1940 créent en Roumanie une situation dramatique. Commençant à appliquer les indications du protocole secret soviéto-allemand du 23 août 1939, le gouvernement soviétique a obligé la Roumanie, par les ultimatums des 26 et 28 juin 1940 à lui céder la Bessarabie, le nord de la Bucovine et la contrée de Herta, qui n'avaient jamais appartenu à la Russie. L'Italie et l'Allemagne ont accordé (le 30 août 1940) à la Hongrie la partie de nord-ouest de la Transylvanie avec une population majoritaire roumaine. Le 7 septembre 1940, à la suite des négociations roumano-bulgares de Craiova, un traité a été signé par lequel le sud de la Doubroudja (le Quadrilatère) revenait à la Bulgarie. La crise grave de l'été de 1940 a eu comme conséquence l'abdication du roi Carol (Charles) II en faveur de son fils Mihai (Michel) Ier (le 6 septembre 1940). Le général Ion Antonescu (maréchal depuis octobre 1941) a pris le pouvoir.

Dans son désir de reconquérir les territoires perdus en 1940, Ion Antonescu a participé aux côtés de l'Allemagne, à la guerre contre L'Union Soviétique (1941). Le 23 août 1944, sur l'ordre du roi Michel Ier, le maréchal Ion Antonescu est arrêté. Le nouveau gouvernement, formé de militaires et techniciens, déclare la guerre à l'Allemagne (le 24 août 1944). La Roumanie, avec tout son potentiel économique et militaire, se rallie aux Nations Unies jusqu'à la fin de la guerre en Europe. Malgré les efforts humains et économiques faits pour la cause des Nations Unies pendant neufs mois, le Traité de paix de Paris (le 10 février 1947) n'a pas reconnu à la Roumanie le statut de cobelligérant à la guerre et l'a obligée à payer de grands dommages de guerre. Cependant, le traité a reconnu l'appartenance du nord-est de la Transylvanie à la Roumanie, mais la Bessarabie, le nord de la Bucovine et la contrée de Herta sont restés annexés à l'URSS.

Dans les conditions du stationnement des armées soviétiques sur le territoire de la Roumanie abandonnée par les pouvoirs de l'Occident, pendant la période suivante notre pays a connu une évolution similaire à celles des autres satellites de l'Union Soviétique. Les communistes se sont emparés du pouvoir, les partis politiques ont été supprimés, leurs membres persécutés et incarcérés. Le roi Mihai (Michel) Ier a été obligé d'abdiquer. Le même jour, le 30 décembre 1947, on a proclamé la République Populaire Roumaine et on a introduit la dictature du parti unique, fondée sur un appareil de surveillance et de répression omnipotent et omniprésent. Ont suivi la nationalisation des entreprises industrielles, bancaires et de transport (1948), la collectivisation forcée de l'agriculture (1949-1962), ayant comme objectif principal l'industrialisation de type stalinien. La Roumanie est devenue membre fondateur du CAEM (1949) et du Traité de Varsovie (1955).

A la mort du leader de l'époque d'après-guerre, Gheorghe Gheorghiu-Dej, en 1965, la direction du parti et ensuite de l'Etat a été monopolisée par Nicolae Ceausescu.

La dictature de la famille Ceausescu, l'un des plus absurdes gouvernements totalitaires de l'Europe de ce siècle, avec un culte de la personnalité pathologique, a eu comme résultat, parmi d'autres, des distorsions économiques, la dégradation de la vie sociale et morale, l'isolement du pays par la communauté internationale.

Dans ces conditions, la flamme de la révolution commencée le 16 décembre 1989 à Timisoara s'est rapidement répandue dans tout le pays. Le 22 décembre, par le sacrifice de plus de 1 000 personnes, la dictature a été abolie. La révolution a ouvert la perspective à la réinstauration de la démocratie et du système politique pluraliste, au retour à l'économie de marché et à la réintégration dans l'espace économique, politique et culturel européen.


Le triomphe de la révolution anti-totalitaire
à Bucarest, le 22 décembre 1989

Le pouvoir fut assumé par le Front du Salut National, qui a proclamé la suppression des structures communistes, la promotion de l'économie de marché et la tenue d'élections libres. Dans un intervalle assez bref, les partis politiques historiques, supprimés lors de l'avènement du régime communiste, ont repris leur activité. Des partis politiques nouveaux se sont constitués.

Sur le plan politique interne, suite à l’adoption, en 1991, d’une Constitution comprenant des stipulations démocratiques, des élections législatives et présidentielles ont eu lieu, en 1990, 1992, 1996, 2000. En 2003, suite à un referendum, une nouvelle Constitution a été adoptée, conforme aux réglementations européennes.

Après 1990, la Roumanie est devenue membre des deux importantes organisations européennes et euro-atlantiques : Conseil de l’Europe (1993), OTAN (2003). De plus, la Roumanie a signé le Traité d’Adhésion à l’Union européenne, le 25 avril 2005 ; l’adhésion effective est prévue pour le 1er janvier 2007. En 1993, la Roumanie est devenu membre de plein droit de la Francophonie. Le pays occupe aussi un siège de membre élu au Conseil de sécurité de l’ONU (2004-2005).

En même temps, la Roumanie a une présence très active sur le plan régional, étant membre des plusieurs structures de l’Europe Centrale et Orientale : Processus de Coopération des pays de l’Europe de Sud-Est, Initiative Centrale Européenne, Accord de Libre Echange Central-Européen, Processus de Coopération Danubienne, pacte de Stabilité dans l’Europe du Sud-Est, Initiative de Coopération de l’Europe de Sud-est, Organisation de Coopération de la Mer Noire.