« La Roumanie »   un pays ami de la France

 Une vieille histoire ... Le Général BERTHELOT
 Un français en Roumanie ou de Nantes à Bucarest
 Un roumain célèbre : Vladimir COSMA


   Une vieille histoire ...

Au cours du voyage touristique de 2005, le groupe a visité le mémorial érigé à la mémoire des soldats roumains décédés au cours de la guerre 1914-1918, et a découvert qu'un Général français y est à l'honneur.

Le Général Henri-Mathias BERTHELOT, (1861-1931) aurait certainement donné quelques instants de sa vie pour être présent en Septembre 2004, dans son village natal de Nervieux (Loire). L'on y célébrait les fêtes du jumelage entre « Nervieux » et la Commune roumaine qui porte le nom de ce grand militaire « Général Berthelot. » Il était difficile d'imaginer un témoignage plus symbolique d'amitié, de fidélité et de reconnaissance entre la France et la Roumanie.

Le Général BERTHELOT, en réorganisant l'armée roumaine pendant la première guerre mondiale, a fortement contribué à sa présence dans les victoires des alliés en 1918. La Roumanie y a gagné le rattachement à son territoire de la Transylvanie, de la Bucovine et de la Bessarabie. Le Général BERTHELOT était alors considéré comme un héros national que les Russes taxaient d'être « plus roumain que les roumains »

En témoigne le buste en bronze du Général qui figure, aux côtés des plus grands militaires roumains, dans le mausolée érigé, près de Marasesti, à la gloire des combattants de la grande guerre.

Pour le remercier, le Gouvernement Roumain lui a fait don d'une propriété de 65 hectares, doté d'un manoir, dans le village de « Farcadin de Jos » près de « Hunedoara », aux pieds des Carpates méridionales.

Les habitants, fiers et flattés d'accueillir un hôte aussi illustre, touchés par sa bonhomie et sa simplicité, décidèrent d'adopter son patronyme en devenant « Général Berthelot » et les villageois les « Berthelotani ».

En 1965, lors de la vague de collectivisation, le pouvoir d'alors changea ce nom en Unirea ( Unification)

Mais les habitants n'avaient pas oublié cette page d'histoire, et réunis autour d'un enfant du pays, Ion MOCA, devenu Procureur de Deva, ils entreprirent de ranimer le souvenir du Général, afin de redonner son nom à la Commune et d'établir des liens avec son village natal.

Restait à convaincre les français, assez oublieux de ce passé glorieux. Le Général BERTHELOT n'a-t-il pas dirigé la bataille de la Marne au côté du Maréchal JOFFRE ?.

Un arrière petit neveu du Général, Christian VIGERI, établi à Lyon, a remué ciel et terre pour faire aboutir ce projet et saisir la main tendue depuis les Carpates.

« Nervieux », commune de 800 habitants, est nichée au cœur des riches plaines du Forez et de Limagne.

Avec « Général Berthelot », elle a beaucoup d'affinités. Les deux communes ont des projets en commun, certains classiques comme les échanges, d'autres économiques. Une équipe de professionnels s'est rendue en Roumanie pour étudier d’éventuelles créations d'activités : laiterie, fabrique de bois.

« Général Berthelot », centre d'une commune de 500 habitants regroupant 5 villages, attend impatiemment une possibilité de développement.

Cet objectif pourrait se concrétiser grâce à son homme célèbre. En effet, à sa mort, le Général avait légué sa propriété à l'Académie de Roumanie, à charge par elle, d'en faire un lieu d'échanges et de rencontres.

Sous le régime communiste, elle était devenue le siège de l'entreprise agricole d'État, avant qu'elle ne soit pillée et dévastée après la révolution.

L'ambassade de France à Bucarest s'efforce de trouver des mécénats français pour la réhabiliter afin d'en faire un Musée historique et promouvoir localement le tourisme. Consacré au Général il serait en quelque sorte « sa dernière mission au service de la Roumanie et de la France »


   UN FRANCAIS EN ROUMANIE OU DE NANTES A BUCAREST*

C'est l'histoire d'un jeune homme venu de France et qui a révolutionné la médecine roumaine.

Né de parents inconnus, vers 1830 , il a 14 ans lorsqu'il est confié, à Nantes, à la tutelle bienveillante du Docteur Ange GUEPIN. Celui-ci le prend en charge, lui suggère de s'appeler désormais Carol DAVILA, l'éduque et l'envoie faire des études de médecine à Angers en 1847. Puis ce sera la Faculté de Médecine de Paris en 1851. En 1853 il achève ses études en soutenant une thèse de doctorat sur le thème de « Prophylaxie de la syphilis ». Ce sujet traitant de l'hygiène, va révéler un grand esprit d'organisation pratique.

A cette époque , le prince de Valachie, Barbu STIRLEY, demande à Napoléon III que lui soit recommandé et envoyé un médecin français capable de mettre en place à la fois le service sanitaire de l'armée valaque et celui du vieil hôpital militaire de Bucarest. La Faculté propose la candidature de DAVILA. Elle est acceptée, et le jeune DAVILA arrive à Bucarest le 15 mars 1853.

Le service de santé n'existe pas dans ce pays. DAVILA se met aussitôt au travail. Il devient Médecin-chef de l'armée et directeur de l'Hôpital militaire. Il organise, se donne pour mission de former le personnel sanitaire de l'armée. En 1855, il créé une école de petite chirurgie, sur le modèle français qu'il connaît. Il y ajoute une bibliothèque scientifique et un musée de l'Anatomie. Ainsi à travers ce qui deviendra une Ecole Nationale de Médecine et de Pharmacie, DAVILA commence à construire un service médical sur de véritables bases scientifiques.

Toute sa vie, il la consacrera à Bucarest, malgré beaucoup de difficultés. A la suite du décès de sa première épouse il fonde un orphelinat en 1860 « l'Asile de Jeunes filles de Cotroceni ». En 1861 il se remarie avec Anna RACOVITZA nièce du général GOLESCU, chef de cabinet et aide de camp du prince GUZA. En 1862 il jette les bases de la pharmacopée roumaine, crée un laboratoire de chimie qui deviendra plus tard Institut Chimique Universitaire, fonde un orphelinat pour garçons, puis un autre pour les sourds-muets, et enfin dresse les plans d'un jardin botanique à Cotroceni.

A ces importantes fonctions militaires s'ajoutent celle de Directeur de tout le service militaire civil. Ce cumul de fonctions commence à faire des envieux.

Le 13 Février 1867 l'Ecole de Médecine est déclarée Faculté de Médecine de l'Université de Bucarest. Il fonde une école de sage-femmes et un institut d'Hydrologie.
En 1869 après quatre ans d'attente, DAVILA obtient la ratification de sa naturalisation roumaine, pour laquelle le Sénat avait déclaré « que c'était une dette d'honneur de voter cette naturalisation ».

En 1870 DAVILA obtient un congé et revient en France pour participer à la guerre. Il est engagé par la Croix Rouge comme volontaire dans une unité d'ambulances, et intègre une formation sanitaire. Fait prisonnier, il soigne aussi bien les soldats français que les soldats allemands. Après la dissolution des « ambulances internationales », il repart en Roumanie.
En Décembre 1882, le Président de la République Française le nomme Commandeur de la Légion d'Honneur.

Carol DAVILA, Général-Inspecteur de l'armée roumaine meurt à Bucarest le 24 Août 1884 à 56 ans. La Roumanie fait des funérailles nationales à ce français qui avait consacré toute sa vie active au service de ce pays.

En 1901 on éleva une statue grandeur nature en bronze devant la faculté de médecine de Bucarest à celui qui peut être considéré comme le véritable organisateur de la médecine civile et militaire de la Roumanie.

La Roumanie a commémoré en 1930 le centenaire présumé de sa naissance et en 1984 le centenaire de la mort de celui qui est tout simplement le fondateur de l'enseignement médical, pharmaceutique et vétérinaire roumain…


* Source : Les Nouvelles de Roumanie


   UN ROUMAIN CELEBRE

Qui connaît bien Vladimir COSMA ? A un moment nous avons tous fredonné une de ses compositions, car il a mis presque tout le cinéma français en musique :
« Le grand blond avec une chaussure noire »
« Les aventures de Rabit Jacob »
« La boum « … pour ne citer qu'eux, tous ces films sont présents dans l'imaginaire français. Ils ont, comme 200 autres films ou séries télévisées, un dénominateur commun : leur musique a été réalisée par le plus grand compositeur de film français… le roumain Vladimir COSMA.

Tour à tour tendre, nostalgique, enlevée, la musique de Vladimir Cosma se reconnaît aisément. Elle a une couleur bien particulière. Couleur qui doit aussi aux instruments employés comme le lyricon, l'harmonica, la flûte de pan, empruntés à la Roumanie.
200 musiques pour le grand écran mais aussi pour la télévision lui ont valu : deux césars, un 7 d'or, un prix à Cannes, qui ont récompensé cet extraordinaire créateur de mélodies.